Interview de Madame Najat M’jid

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Extrait d’un Interview de Madame Najat M’jid, Pédiatre et présidente de l’association Bayti

Publié sur WAFIN.be, par l’équipe Wafin, 29 Septembre 2006.

Wafin.be: Comment est née l’idée de la création de Bayti ?

Najat M’jid: Bayti a commencé ses activités en 1994. Comme vous le savez, le Maroc a ratifié la convention des droits de l’enfant en 1993, et il devait y avoir un bilan en 1995 de la situation des droits de l’enfant. Je m’occupais d’enfants vulnérables mais au niveau santé, et sur le volet éducation, et j’ai découvert qu’il y avait des enfants dans la rue. J’étais très étonnée à l’époque, en 1994, qu’il y ait tant d’enfants dans la rue au Maroc, parce que pour moi c’était inadmissible. Curieuse, j’ai été interpeller ces gamins, et je me suis rendue compte que c’étaient des gamins complètement privés d’environnement familial. J’ai donc suivi un groupe de 40 enfants sur un coup de tête, et je me suis présentée aussi en tant que pédiatre bénévole dans les différentes structures qui s’occupent de ces enfants. Je faisais l’évaluation des structures, et j’ai proposé d’élaborer le rapport sur les enfants en situation de rue pour cette analyse de situation au Maroc, qui a eu lieu le 24 mai 1995, et où il y avait le grand gratin marocain, mais aussi des institutions internationales.


C’était à l’occasion de la journée nationale de l’enfant instaurée par feu Hassan II, qui avait par ailleurs demandé cette analyse de situation. En ce qui concerne mon analyse de situation, je me suis arrangée pour ne pas la mettre dans le document officiel. Je suis donc arrivée le matin même de l’inauguration, sous la fameuse tente caïdale où il y avait les cartables des décideurs, et j’ai mis mon document un peu partout. Quand les gens ont ouvert leurs fardes, ils se sont focalisés sur mon document qui était titré ” Ils sont plus de 2000 et je n’en vois que 2 “, en référence à la chanson de Jacques Brel, en sous-titrant que les enfants des rues sont l’affaire de tous. Je partais de l’analyse de ces 40 cas, des réponses et je disais que c’était inadmissible et je faisais une proposition. J’attendais le feedback, en voyant tout ce monde qui lisait mon document, finalement la Fondation Terre des hommes – Lausanne m’a dit qu’ils étaient partants, la Coopération française aussi, la réaction des officiels marocains était plus ou moins mitigée, mais ” encourageante “. Le process a commencé à ce moment-là, et je me suis engagée avec ces enfants.

Malgré cela, nous avons quand même continué à travailler pendant un an et demi de manière officieuse. (Lire tout l’interview).

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