On ne naît pas femme on le devient: Etude sur les mutilations sexuelles féminines

Publié dans RUSCA, par Natacha Carbonne, résumé/review du livre, le 14 mai 2011.

Résumé:

  • Une des principales fonctions des mutilations sexuelles féminines est de créer des femmes : la socialisation féminine et la construction de l’identité de genre sont donc au cœur de cet article. Il s’agit de mettre en évidence comment les processus d’intériorisation de la culture environnante et d’intégration au groupe se mettent en place. Dès lors, la phrase de Simone de Beauvoir « On ne naît pas femme on le devient » prend ici toute son ampleur : la nature ne suffit pas il faut la recréer et lui donner un sens. Ainsi, la culture s’empare du corps des femmes, devenu vecteur de socialisation, pour l’assigner physiquement et symboliquement ; cette emprise culturelle cherche à ôter toute masculinité aux femmes et à pousser au paroxysme les « ingrédients » de la féminité. En effet, la bisexualité et l’androgynie sont des « entre-deux » insupportables et figures de chaos. L’identité passera par la séparation et l’exclusion de l’autre sexe en soi ou ne sera pas. 

Mots-clés:

  • mutilations sexuelles féminines, genre, domination masculine, socialisation, nature/culture, marquage corporel, mythe, Afrique.
  • Cet article a pour but d’appréhender les mutilations sexuelles féminines pratiquées au Mali par les Bambaras, au travers de la construction de l’identité féminine. Ainsi, nous souhaiterions brosser un bilan succinct de nos recherches de thèse … //

… Conclusion:

  • La socialisation est ce passage de la nature à la culture mais aussi du flou sexuel et l’identité sexuée stable et unique. Ainsi, les sexes au naturel ne suffisent pas à donner une identité sexuelle. La socialisation des femmes s’opère de façon universelle mais sous des formes différentes et les mutilations sexuelles féminines en sont une parmi d’autres. Par voie de conséquence, nous pouvons dans une certaine mesure valider notre hypothèse de départ: les mutilations sexuelles féminines sont une socialisation de la femme car elles ont les ingrédients de la socialisation comme nous l’avons défini. De plus, les mutilations sexuelles féminines sont sous-tendues dans une certaine mesure par la peur du corps des femmes et la mainmise masculine sur celui-ci et enfin, elle serait maintenue par la tradition. Quelle construction pour l’identité masculine?

(long texte entier, plus Bibliographie, plus Notes 1 – 8).

(Mon commentaire:

  • une pratique qui donne une identité ne la rend pas acceptable. Mais enfin quelqu’un dit que l’identité masculine est à revoir aussi, si on veut changer l’identité féminine: une identité de femme sacrifié pour avoir droit à l’existence (je n’arrive pas à la nommer autrement).
  • L’excision est aussi nommée une pratique pharaonique, mais notre société n’a pas encore conscientisé que le système pharaonique était surtout un rituel de soumission des peuples à un demi dieu. Ceci nous ne voulons pas le voir, car dans nos structures élitaires survivent des éléments de cette soumission surannée …
  • … et si vous ne voyez pas de quoi je parle, regardez les rituels employés par les chefs dans les entreprises Suisses, qui tiraient il n’y a pas si longtemps leur savoir pour mener les employés de ce qu’ils avaient appris comme commandant dans l’armée Suisse … un temps cela avait été meme le parcours indispensable dans certaines firmes pour devenir cadre: avoir le savoir du commandement militaire (si, si, on me l’a dit personellement: Madame, vous ne serez jamais cadre, car vous n’avez pas fait le service militaire de commandement … mais c’est vrai, c’était il y a 15 ans).

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