L’enfer des Camerounais de Libye

Publié dans SENECO, par Jules Romuald Nkonlak, le 7 mars 2011.

Coincés et sans moyens. Le gouvernement camerounais n’a toujours entrepris aucune mesure pour ses ressortissants de Tripoli et d’ailleurs.

A l’autre bout du fil, nous entendons quelques voix autour de notre interlocuteur. Oscar Yangoua, un Camerounais vivant en Libye, parle d’une voix plutôt calme.

Il a été très sollicité ces derniers jours, depuis que dans un message envoyé par Facebook à un ami resté au Cameroun, il attirait l’attention sur le calvaire que vivent actuellement près de 500 Camerounais coincés en Libye. Oscar y est installé depuis deux ans et enseignait la langue française dans une école de Saba, lorsque la rue libyenne a commencé à exiger le départ du colonel Mouammar Kadhafi.

Et maintenant, Oscar comme ses compatriotes regroupés dans un ghetto de Seba, ne demandent qu’à rentrer chez eux, pour fuir les menaces dont ils sont actuellement victimes, mais surtout pour éviter que n’arrive le pire. «Nous n’avons pas d’autre réclamation que notre rapatriement. Mais s’il s’avère que le rapatriement peut traîner, il faut que l’on sache que les vivres que nous avions sont épuisés. Il y a des enfants ici et des femmes. Nous ne savons plus comment nous allons nous alimenter», affirme-t-il.

Les démarches entreprises jusqu’à ce jour par les Camerounais de Libye n’ont pas fait évoluer leur situation. Dans notre édition du 02 mars dernier, nous indiquions qu’au ministère des Relations extérieures, aucun responsable n’avait souhaité s’exprimer sur la question. D’après quelques personnes ayant choisi de parler sous anonymat, on apprenait tout juste que la situation des Camerounais de Libye était plus difficile à gérer que celle de ceux de Tunisie ou d’Egypte, du fait de l’absence dans ce pays d’une représentation diplomatique camerounaise. «Nous avons même saisi l’ambassade du Cameroun en Tunisie, qui nous a demandé d’établir une liste. Ce qui a déjà été fait. Mais jusqu’à maintenant nous n’avons pas de suite. Il ne faut pas que le gouvernement camerounais et les âmes de bonne volonté nous abandonnent», disait Oscar Yangoua dans le message que Le Jour a publié dans son édition de vendredi dernier … //

… Des propos qui laissent penser que, pour le moment, le gouvernement camerounais ne trouve pas d’urgence à rapatrier les citoyens camerounais qui se trouvent en Libye. «C’est d’abord nos ambassadeurs basés aussi bien en Egypte qu’en Tunisie qui jugent de l’opportunité, de la gravité, de la nécessité d’entreprendre quoi que ce soit s’agissant du rapatriement des Camerounais. Le gouvernement est prêt à mettre à la disposition de nos ambassadeurs ce qu’il faut pour le rapatriement éventuel de nos ressortissants. Pour l’instant naturellement, l’urgent c’est de récupérer tous les camerounais qui se trouveraient en difficulté en Libye. Qu’ils aillent donc vers nos ambassades. Maintenant si nous en jugeons de l’opportunité, les acheminer au Cameroun est la deuxième étape… la moins urgente», ajoutait le ministre de la Communication sur les antennes de Rfi. (texte entier).

Comments are closed.