Notre pain quotidien

Une denrée alimentaire de base importante et bien précieuse – Publié dans Horizons et Débats, no 7, par Urs Knoblauch, 21 février 2011.

De plus en plus souvent, nous apprenons par les médias l’existence de révoltes dues à la faim. C’est connu depuis des décennies que l’écart entre les pauvres et les riches s’agrandit. Beaucoup de gens se rendent compte que cet état des choses ne peut plus durer longtemps et les événements politiques actuels le montrent également. Du pain, de la nourriture, l’humanité civilisée serait très bien capable d’en récolter assez pour tous les êtres humains.

En vue de la situation alimentaire tendue il vaut la peine de réfléchir à notre pain quotidien, un aliment précieux et un bien culturel aussi dans notre pays. La Suisse, avec son modèle démocratique et son économie nationale de la responsabilité sociale, de l’équilibre social et du bien commun, a pris également la responsabilité du pain. 

Les autorités de la Confédération, depuis la fondation de l’Etat fédéral, par ensemble avec des milieux responsables des paysans, des moulins, des associations céréalières et des boulangers, ont tôt fait de fixer le prix maximum pour un kilo de pain bis, et également les prix des cé­réales et des importations, pour rendre le pain accessible aux familles pauvres en Suisse.

En même temps le ravitaillement autonome a été encouragé, des coopératives agricoles ont été fondées et on a construit des silos à céréales. Quelques écoles agricoles, l’EPFZ et la «Eidgenössische Versuchsanstalt» ont développé des variétés robustes qui ont fait leurs preuves. Ainsi, la Suisse avec sa diversité culturelle, linguistique et ses paysages multiples possède également une riche culture du pain. Il existe certainement peu de pays ayant 200 sortes de pains et de petits pains différents. Déjà dès 3700 ans av. J.-C. on a fait du pain d’une qualité étonnante sur le territoire de la Suisse actuelle.

«On doit respecter le pain qu’on mange» … //

… (encadré): Recette pour une tresse bernoise (Züpfe): … //

Les droits de douane sur la farine:

uk. Depuis 2001, les marchés de céréales panifiables et de fourrage sont libéralisés. D’après l’article sur les cé­réales (Art.?55 LAgr), la Confédération doit ­prendre les mesures nécessaires au maintien de l’approvisionnement approprié du pays en céréales indigènes aux frontières (droits de douane). Cela concerne les céréales panifiables et les céréales de fourrage. (Plus d’information dans «swiss granum»). Horizons et débats (no 46 du 29/11/10) a déjà publié un article sur les droits de douane sur la farine dans le contexte du marché libéralisé.

Suivant les céréales du pays à disposition, la question des coûts et des céréales importés, les prix sont fixés par le Conseil fédéral. En 2007 par exemple, suite aux conditions météorologiques, 325 000 tonnes de céréales panifiables seulement étaient à disposition et les prix du marché mondial ont augmenté. Dans la brochure «Brotgetreideversorgung» (L’approvisionnement de la Suisse en céréales panifiables au XXe siècle), le développement du prix de la farine bise est montré. Bien que depuis 1957 le prix du pain soit libre, des recommandations de responsabilité aux associations cantonales des boulangers ont été données et tenues. En 1981, les subventions de la Confédération sur les céréales panifiables ont été supprimées et la loi révisée sur les céréales est entrée en vigueur. En 1993, les prix du pain bis et mi-blanc n’ont plus été différenciés. Depuis, les recommandations de prix de référence (prix maximum) sont données et depuis 1996, sur la base de la loi sur les cartels, les prix de référence ne sont plus donnés, mais uniquement des «aides calculatoires». On prend comme base la grandeur moyenne de l’exploitation d’une boulangerie artisanale avec la quantité de pâte correspondante et les grandeurs de fabrication.

Musées sur le thème du pain:

uk. En Suisse de nombreux musées du pain, des fournils historiques et des vieux moulins peuvent être visités. A certains endroits on fait des démonstrations du vieil artisanat du boulanger:

  • Très remarquable la «Maison du blé et du pain – Musée suisse du pain» à Echallens
  • Très connu le «Musée en plein air de Ballenberg» à Brienz. Tous les jours un boulanger est au travail de 10–12 h. On peut également y voir l’exposition permanente «Du blé au pain».
  • Le «Mühlerama» au moulin Tiefenbrunnen à Zurich présente un très beau musée avec un moulin historique industriel original, parfois mis en service.
  • A la Flühlenmühle» à Rosshäusern on peut voir un moulin avec une roue hydraulique et une meule pour ­moudre les grains, pour faire du pain.
  • Le Musée «Rainmühle» se trouve à Emmenbrücke et montre une exposition, un ancien moulin de blé et un barrage.
  • Au Col-des-Roches se trouvent les «Moulins souterrains du Col-des-Roches». C’est une installation souterraine extraordinaire avec un pressoir à huile, une batteuse, un moulin à cé­réales et une scierie.
  • A «l’Alimentarium» de Vevey, le visiteur reçoit des informations sur l’histoire de l’alimentation humaine.
  • A Granges-Marnand se trouve le «Chemin des blés» qui conduit à travers 38 villages avec de nombreux fournils et granges à blé.
  • En Valais, à Troistorrents se trouve le «Vieux Moulin de la Tine» et à Saas Fee le «Bäckerei Museum Imseng».
  • Dans le canton de Saint-Gall à Giessen, Benken, on peut visiter le «St.Gallisch-Schweizerische Konditorei-, Confiserie- und Bäckereimuseum».

(long texte entier).

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