Cachez ce clitoris …

Interview d’Odile Buisson et de Pierre Foldès, auteurs de “Qui a peur du point G ?”, un ouvrage qui dénonce notre retard en matière de médecine sexuelle féminine – Publié dans Le Figaro.fr/Madame, le 22 février 2011.

Elles font la une des magazines féminins. Elles font glousser, fantasmer, mais cela s’arrête là. En France, les études sur le clitoris et le point G seraient au point mort sans la ténacité de quelques-uns. Et tandis que l’on oublie les dysfonctionnements sexuels féminins, la recherche sur la sexualité masculine, elle, s’épanouit … //

… Êtes-vous confiants pour l’avenir ? La médecine sexuelle féminine va-t-elle cesser d’être à ce point laissée de côté ? 

O. B. – Les médecins n’ont jamais changé d’eux-mêmes. Ceux qui ont œuvré pour la contraception ont toujours été à la marge, poussés par la société. Il faut donc une volonté. Les universitaires ne l’ont pas. C’est aux femmes de réclamer que le clitoris soit étudié au même titre que le pénis. Les femmes médecins ont un rôle à jouer, mais elles risquent de se retrouver bloquées dans leur carrière par des supérieurs qui n’ont pas envie d’entendre parler de cela. Il manque des femmes dans les instances du pouvoir pour insuffler ce changement.

P. F. – Des sujets comme ceux-là bousculent les hommes dans leurs statuts de mâle et de médecin. Pour moi, on retrouve le même réflexe androcentré dans les sociétés africaines et dans la société française. J’ai assisté à un comité d’éthique il y a un an à l’Assemblée où se préparait un dossier sur les mères porteuses. Pour un sujet qui les concernait pourtant hautement, il y avait une seule femme pour 37 hommes ! C’est honteux ! Il faut rendre la parole aux femmes! (lire le très long texte de 3 pages).

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