L’humanisme laïque en tant que référence

Lié sur nos blogs avec Fédération des Amis de la Morale Laïque FAML asbl. – Publié dans FAML asbl /Valeurs, comme Note de synthèse du 2 juillet 1984.

Devant examiner, entre autres, la question de la légitimité, pour l’instance dirigeante de la FAML, le CA, de prendre ponctuellement, au nom de ses membres, des positions publiques, il est apparu nécessaire, à la Commission, d’examiner au préalable la référence obligatoire de ces éventuelles prises de position, «l’humanisme laïque ».

Certes, il n’est pas nécessaire d’adhérer à la FAML ou au CAL pour se comporter en laïque et défendre dans la cité les principes et les valeurs laïques. Est laïque celui ou celle qui se comporte en laïque. Mais il est cohérent que ceux qui ont franchi le pas du militantisme et qui se sont donné comme vocation de défendre et de promouvoir notre idéal et notre programme consultent et re-consultent les textes fondamentaux où la laïcité, s’adressant au public, s’explique elle-même quant à ses fondements, ses principes, ses valeurs, son programme ; en d’autres termes, établit sa légitimité. 

Dans cette optique, la Commission a consulté non seulement « à la découverte de la laïcité », publication fondamentale du CAL, mais aussi – et cela n’est pas sans importance – les programmes officiels de l’enseignement de la morale non confessionnelle, du primaire et du secondaire, de même qu’en particulier le chapitre d’ « A la découverte de la laïcité » qui présente au public le cours de morale.

Pour la FAML, historiquement née du souci de défendre et de promouvoir le cours de morale, la prise en considération de cette dernière référence nous a semblé aller de soi.

La FAML au-dessus de tout soupçon? … :

  • Le pluralisme dans l’engagement.
  • La FAML est, aux yeux de beaucoup, devenue le mouvement laïque par excellence, celui qui existe concrètement sur le terrain, qui vise une audience large, qui fait vivre la laïcité au quotidien, qui entretient des rapports avec les autorités communales, avec les groupes de base.
  • Si elle n’existait pas, il faudrait l’inventer.
  • Regroupant plus d’une centaine d’associations francophones, elle a choisi le mode de fonctionnement de la fédération. Fédérer veut dire respecter dans sa diversité, mais aussi rassembler, coordonner.
  • Etre laïque, c’est se réjouir des « différences » (compatibles avec la dignité humaine – le fasciste et le totalitaire sont aussi différents), des sensibilités diverses, enrichissantes pour les uns et les autres, mais ce n’est pas s’en tenir là : la fraternité, la solidarité, l’action commune sont également des options laïques qui supposent que la réflexion et l’action laïques, le débat et l’engagement soient dialectiquement liés.
  • La recherche à tout prix de l’unité, de l’unanimité, n’est pas d’essence laïque, mais bien totalitaire.
  • Quant à l’orientation « progressiste » de la laïcité, il s’agit d’un choix « politique ». Il n’est imposé à personne, mais adhérer au mouvement laïque suppose l’accord préalable sur cette orientation, au même titre que le non-recours à un principe transcendant. Le champ progressiste est toutefois suffisamment large pour que « diverses sensibilités » s’y sentent parfaitement à l’aise dans un climat de tolérance, d’estime et de fraternité réciproques.

Roger Thirion, (texte entier Valeurs).

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