Coup d’État et intervention militaire

Le nouveau plan de Bush pour renverser les institutions cubaines, par Salim Lamrani*, August 03, 2006 on Voltairenet.org.

Juste avant l’hospitalisation de Fidel Castro, le président Bush a approuvé un nouveau plan pour renverser les institutions cubaines. À la différence du précédent, il désigne unilatéralement les prochains dirigeants « démocratiques » de l’Île et fixe un délai pour réaliser le coup d’État : 18 mois. Le plan s’accompagne d’une annexe secrète relative aux moyens paramilitaires ou militaires mis en œuvre.

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Composé de sept chapitres, ce plan dispose d’un budget total de 80 millions de dollars pour 2007 et 2008 afin d’accroître l’état de siège sur Cuba et de subvertir l’ordre établi. Ces fonds sont répartis de la façon suivante :
- 31 millions de dollars pour financer davantage l’opposition interne,
- 10 millions de dollars pour des activités de lobbying au sein des universités,
- 24 millions de dollars pour étendre la propagande contre l’Île
- et 15 millions de dollars pour rallier la communauté internationale au plan d’occupation de Cuba.


De plus, le rapport prévoit un financement d’au moins 20 millions de dollars annuels pour les années suivantes « jusqu’à ce que la dictature cesse d’exister ».

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Washington envisage également de constituer une liste de hauts fonctionnaires cubains à mettre hors d’état de nuire dans une Cuba occupée. Les États-Unis ne voilent même pas leurs intentions de recoloniser l’Île. En effet, ils affirment que ces personnes seront « sanctionnées par le gouvernement états-unien comme le prévoit la loi états-unienne », comme si Cuba était un nouvel État de l’Union.

Pour porter atteinte à l’économie cubaine, les autorités états-uniennes appliquent désormais des peines plus sévères pour tous leurs ressortissants qui se rendent à Cuba et réduisent encore plus les voyages d’ordre humanitaire. Une nouvelle agence a été créée pour suivre à la trace les exportations de nickel, source de revenus importants pour Cuba, et refuser l’achat de produits vendus par des pays tiers comportant du nickel cubain. Les envois d’argent à Cuba sont désormais encore plus restreints, ainsi que les conditions requises pour les entreprises états-uniennes de vendre des produits alimentaires à Cuba. Même le Conseil des Églises cubaines est touché par les nouvelles mesures et ne peut plus recevoir d’aide humanitaire.

Les nouvelles mesures visent également à entraver l’assistance médicale que Cuba accorde aux nations du Tiers-monde. Par exemple, près de 250 000 Latino-américains déshérités, atteints de cataractes et autres maladies oculaires liées à la pauvreté, ont pu retrouver la vue après s’être faits opérés gratuitement à Cuba. De la même manière, près de 60 000 médecins cubains et autre personnel de santé travaillent actuellement de manière bénévole dans les régions rurales du Tiers-monde et portent secours aux plus démunis d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique. Désormais, les États-Unis interdisent toute exportation d’appareils médicaux « destinés à être utilisés dans des programmes à grande échelle [pour] des patients étrangers », alors que la majeure partie de la technologie médicale mondiale est d’origine états-unienne.

M. Alarcón n’a pas manqué de condamner cette décision : « Que Bush […] méprise les pauvres et les noirs des États-Unis, que peu lui importe s’ils meurent abandonnés, on le sait déjà. Mais maintenant nous savons également, car il vient de le reconnaître ouvertement, que sa haine atteint également tous les pauvres, tous les indiens, tous les noirs et métis de ce monde».

Salim Lamrani est Chercheur français à l’université Denis-Diderot (Paris VII), spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis. Dernier ouvrage publié : Cuba face à l’empire : Propagande, guerre économique et terrorisme d’État, éditions Timéli. (Lire tout de ce très long article sur Voltairenet.org).

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