La Suisse officielle ignore le Dalaï-Lama

Publié sur SwissInfo.ch, par Alain Arnaud, Pékin, avec la collaboration de Michel Walter, Berne, le 16 juillet 2009.

Le Dalaï-Lama sera à Lausanne les 4 et 5 août prochain pour y dispenser son enseignement à la patinoire de Malley. Pour la première fois depuis dix ans, le gouvernement suisse renonce à rencontrer le guide spirituel des Tibétains et prix Nobel de la paix. Le résultat de pressions chinoises? …

… Vive polémique:

La version officielle suscite la polémique. L’Association de l’amitié suisse-tibétaine se dit «stupéfaite et triste» d’apprendre qu’il n’y aura pas de rencontre avec un conseiller fédéral. Et le groupe parlementaire Suisse-Tibet à Berne s’est fendu d’une lettre au Conseil fédéral pour exiger de lui qu’il rencontre le Dalaï-Lama. 

Son vice-président, l’UDC valaisan Oskar Freysinger, reste fidèle à son franc parler: «C’est affligeant. Le gouvernement Suisse ne défend plus que sa propre veulerie. [...] Il ne sait faire plus qu’une chose: se courber devant les puissants de ce monde et s’excuser d’exister. Ce n’est pas là la Suisse pour laquelle je me bats. Personne n’ose tenir tête à ce système communiste chinois dictatorial parce qu’il y a des intérêts économiques en jeu et qu’il est plus facile de vendre son âme au diable que de lui résister».

Et le parlementaire de poursuivre: «Si l’intérêt est de rester soi-même, de vivre avec la tête haute et de se battre pour ce qui est juste, alors cette rencontre doit avoir lieu. Si, en revanche, il ne s’agit que de montrer sa soumission en vue de quelques contrats juteux, alors non. Pour ma part, je défendrai toujours la première option. Sinon, le pays souverain qu’est encore la Suisse n’a plus de raison d’exister».

A la botte de la Chine?

La Suisse à la botte des Chinois, vraiment ? Rien n’est moins sûr. La présidente du Conseil national recevra le Dalaï-Lama, ça n’est pas rien. Et «l’Océan de sagesse» est un habitué des visites en Suisse, où il se rend à titre privé, et non gouvernemental.

S’il a rencontré personnellement quatre conseillers fédéraux ces dernières années, il lui est aussi arrivé de n’en croiser aucun. Micheline Calmy-Rey précise bien qu’il n’a jamais reçu d’accueil gouvernemental, et que c’est le ministre de la culture qui habituellement le rencontrait. Pour l’avenir, «nous avons l’intention de continuer dans cette ligne là». (texte entier).

(Mon commentaire: j’ai honte de mon gouvernement. C’est cette tendance insupportable de céder à la moindre pression extérieure. D’abord on cède aux Américains concernant l’UBS (meme si je n’aime pas nos banques et que je suis d’accord pour qu’on les éduque), et maitenant on fait la lèche à la prochaine supperpuissance. Shame! Heidi).

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