Comprendre le drame du Darfour

Lié avec Urgence Darfour, et avec Une étude rappelle la tragédie des femmes darfouries violées.

Publié  sur Urgence Darfour, par Simone DUMOULIN, non daté.

Qualifiées par la commission d’enquête de l’ONU de crimes contre l’humanité, les exactions commises depuis maintenant deux ans au Darfour, une région de la taille de la France, plongent la population dans l’horreur des massacres, des exodes forcés et de la famine, et compromettent la stabilité de toute une partie de l’Afrique. La gravité de cette situation est niée par un régime politique soudanais centralisateur, violent et corrompu, alors que les preuves abondent de son implication directe dans ces massacres. Qualifiées par la commission d’enquête de l’ONU L’analyse des événements tout aussi dramatiques et même souvent encore plus meurtriers qu’au Darfour survenus dans d’autres régions du Soudan, montre que la seule réponse du régime politique soudanais aux crises internes est le massacre ; le gouvernement soudanais lui-même étant parfaitement illégitime puisque il est issu d’un coup d’Etat. Prise dans un faisceau d’intérêts contradictoires, la communauté internationale peine à faire cesser ces crimes, ce qui rendrait pourtant aux populations du Soudan un espoir érodé par les vingt ans de guerre et les 2 millions de morts du Sud-Soudan, chrétien et animiste …

… Une communauté internationale longtemps divisée

Malgré la faiblesse que la France a montrée envers le gouvernement soudanais pour la guerre du Sud-Soudan et pour ses violations des droits de l’homme, elle se trouve parmi les plus actives à appuyer le Conseil de Sécurité sur le Darfour, à cause de la déstabilisation causée au Tchad.

Après une décision menaçante contre le gouvernement soudanais, le Conseil de Sécurité a craint, en irritant le Soudan, de risquer son accord de paix avec le Sud. D’autre part, la Chine est très impliquée dans l’exploitation pétrolière au Sud-Soudan, la Russie grande pourvoyeuse d’armes du Soudan : ces Etats sont opposés à l’embargo l’un, sur l’exportation du pétrole, l’autre sur l’importation des armes, les seules sanctions efficaces. Le Conseil de Sécurité a donc limité le flot d’armes arrivant au Darfour et édicté des sanctions personnelles, interdictions de voyage et sanctions financières, contre des personnes à être identifiées.

Il était très important d’arrêter l’impunité qui encourage les exactions. La pression internationale et quelques concessions ont permis au Conseil de Sécurité, avec l’abstention américaine, de déférer devant la Cour Pénale Internationale les criminels identifiés par la Commission d’Enquête de l’ONU. Le gouvernement soudanais affiche déjà sa mauvaise volonté évidente d’y collaborer. L’urgence est maintenant à la protection des populations civiles et à leur retour sécurisé chez elles, comme pour toutes celles qui ont été déplacées de force au Soudan. Elle est aussi à la reprise des pourparlers de paix.

Par Vigilance Soudan Collectif Urgence Darfour. (long texte entier).

Comments are closed.