Le cinéaste Jean-Stéphane Bron raconte au(journal) Le Temps comment il filme le capitalisme

Publié dans LeTemps, par Myret Zaki, 25 avril 2009.

Au moment où le public a soif de lorgner le monde opaque de la finance, Jean-Stéphane Bron livre, dans son nouveau documentaire Traders, un regard rapproché sur ces opérateurs des marchés qui opèrent quotidiennement avec les millions …

… C’est à l’occasion d’un tournoi de boxe caritatif organisé à New York par les banques de Wall Street que la chance lui sourit: les traders, qui monteront s’affronter sur le ring, sont d’accord de parler devant la caméra. «La crise les a libérés, en ébranlant leur confiance aveugle dans les marchés et leur sentiment de toute-puissance», constate le cinéaste. Ils lui racontent leur vécu, les pièges psychologiques qui les guettent dans leur métier. «Ce qui m’a frappé, c’est que les traders du bas de l’échelle jusqu’à son sommet ne se distinguent entre eux que sur un aspect, le luxe vestimentaire, c’est-à-dire le confort matériel, note Jean-Stéphane Bron. Dans ce métier, le bagage intellectuel reste assez faible. Le trader type voue en général une foi religieuse au mantra financier. C’est un individu très autocentré, avec peu de conscience du monde qui l’entoure. On est dans l’infra-politique, l’infra-intellectuel» … 

… L’expérience a rendu Jean-Stéphane Bron critique de la finance. «A New York, j’observe que la frénésie de tout recommencer comme avant se manifeste déjà. Ceci, parce qu’il n’y a pas eu de sanction. Or notre cerveau s’est développé sur le mécanisme de sanction et de récompense. Mais la communauté financière ne gardera pas de mémoire de la douleur de cette crise. Les pertes d’emplois sont tout au plus perçues comme des dommages collatéraux. On n’a pas pris conscience que le prix que ce système fait payer au monde ne figure sur aucun bilan.» (texte entier).

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