Exclusion: la souffrance insensée des naufragés de la rue

Lié avec Politique du logement: un protocole compassionnel? et avec Ligue des droits de l’homme LDH – France.

Originairement publié sous le link http://actu.dna.fr/081220121342.lr8fip3s.html (qui ne marche plus) et reproduit dans yahoo groups /rael-science français, le 20 décembre 2008:

“Ils ont des plaies béantes, mais ne les sentent pas”. Les naufragés de la rue, clochardisés, niés en tant qu’humains, subissent un stress psychique tel qu’ils s’”auto-excluent”, selon des médecins.

“Ils se coupent de leur corps, de leur affect, de leur pensée. Le déni d’eux-mêmes les déconnectent du sensoriel et du psychisme”, explique à l’AFP le Dr Jean Furtos, psychiatre, chef de service à l’Hôpital du Vinatier (Lyon).

Paradoxalement, ces survivants se trouvent plus marginalisés encore, depuis que l’actualité se focalise sur le problème criant des “mal logés”. Parce qu’ils ne demandent rien. “Invisibles” et “inaudibles” pour la société …

… “Vient le dernier stade, celui du +syndrome d’auto-exclusion+, ou si l’on préfère l’état de stress majeur, qui conduit à vouloir sortir de soi”.

“Imaginez un grave accident de voiture: votre stress est si grand que vous ne sentez plus votre corps sur le moment. Plus tard, vous découvrirez que vous avez perdu un litre de sang ou 200g de chair”.

“Certaines personnes sont capables, en situation psychosociale d’exclusion, de se couper d’elles-mêmes pendant des jours, des mois, des années”, note le Dr Furtos, également directeur scientifique de l’Observatoire National des Pratiques en Santé Mentale.

Au départ, le corps est comme anesthésié. On ne sent plus la douleur. D’autant qu’elle est incompatible avec la lutte pour la survie. “50 % des femmes clochardisées sont en aménorrhée secondaire. Déféminisées”, relève le Dr Henry.

Suit l’émoussement affectif ou, à l’inverse, une +hypomanie+, une excitabilité permanente. Enfin l’intelligence est mise hors circuit.

“Plus que tout, ce sont l’abandon, le rejet, la solitude qui les tuent”, conclut Patrick Henry. (Texte entier).

(Source : AFP).

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