Excision: Teliwel face au mur de la tradition

Elle a failli mourir de son excision. Depuis, elle milite contre cette pratique – Publié dans La Libre.be, par Sabine Verhest, le 12 décembre 2012.

Teliwel Diallo est une jeune femme courageuse. Une survivante, qui a osé braver le poids de la tradition et de la religion, pour militer contre l’excision dans un pays – la Guinée – où 95,6 % des filles et femmes sont mutilées. “J’ai été excisée une première fois à 8 ans, mais ils ont trouvé que cela n’avait pas été fait proprement.  

J’ai été excisée une seconde fois à l’âge de 15 ans.” L’opération tourne mal, une hémorragie manque d’emporter l’adolescente. Teliwel s’interroge, mais se sent très “seule” . “C’est un sujet tabou.”

Lorsqu’une équipe de la Cepetafe, une ONG qui milite pour la fin de l’ablation des organes génitaux féminins externes, organise une séance de sensibilisation dans son lycée, elle se dit : “Pourquoi pas ? Si je peux permettre à des petites filles d’échapper à cela…” Et entre en résistance, cachée d’abord, au grand jour ensuite. Elle distribue des prospectus, intervient dans les médias, informe des risques médicaux d’une pratique qui blesse les femmes physiquement et psychologiquement – quand elle ne les tue pas -, rappelle que l’excision n’est pas imposée par le Coran. Les sages s’offusquent et l’excluent de la mosquée. Ses amis et ses voisins l’évitent. “Ma maman disait que je mettais la famille en danger, qu’une petite fille comme moi ne pouvait se soulever contre la tradition. Elle avait l’impression d’avoir accompli son devoir en me faisant exciser, de m’avoir intégrée dans la société , explique Teliwel. Une fille qui n’est pas excisée ne trouve pas de mari en Guinée.”

Sa notoriété lui apporte insultes, jets de pierres, crachats. “Je me faisais persécuter. J’ai porté plainte, mais la police m’a dit qu’elle ne s’impliquait pas dans les problèmes de coutume. En plus, des parents étaient venus se plaindre que j’incitais leurs filles à se révolter contre eux.” L’excision est passible de sanctions pénales, mais “on ne peut pas appliquer la loi s’il n’y a pas de plaignants Les gens ont peur de porter plainte et le pays est très corrompu. Il faut un changement de mentalité avant tout” … (le texte en entier et links sur le sujet des droits de l’homme).

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